Jusqu’au 4 mars, dans le cadre de Némo, la Biennale internationale des arts numériques d’Île-de-France, le CentQuatre et Arcadi invitent les artistes à « organiser le hasard » dans un parcours d’une vingtaine d’installations numériques. On les a testées pour vous : voici 5 bonnes raisons de ne pas manquer cette exposition à la fois pointue et accessible au grand public.
1- Pour son quart d’heure zen
Dans l’un des ateliers du CentQuatre, le temps semble se suspendre. Le visiteur observe de véritables tableaux vivants : la couleur des monolithes géants de Fabien Léaustic évolue tout au long de l’exposition en fonction de l’évolution de phytoplanctons qui les recouvrent. En effet, ils réagissent à l’air, à la température, aux particules drainées par les spectateurs, et plongent ceux-ci dans un univers de sculptures vivantes vertes et apaisantes.

Puis la séance de contemplation se poursuit dans l’espace annexe qui accueille une installation sonore de Nelo Akamatsu, dans l’esprit les jardins traditionnels japonais : « Chijikinkutsu consiste en environ quatre-cents verres et aiguilles magnétisées qui flottent sur l’eau dans l’orientation Nord-Sud. Lorsque l’électricité alimente le câble attaché aux verres, elle crée un champ magnétique temporaire qui attire l’aiguille vers le câble. Les faibles sons produits par les aiguilles heurtant les verres résonnent tout autour de l’espace. Si les visiteurs écoutent attentivement, ils réaliseront que les sons ne proviennent pas de l’extérieur de leur corps, mais existent déjà au sein de leur esprit. »

2-Pour prendre sa dose de poésie numérique
Capté en temps réel, le vent du Minnesota cadence le mouvement des fleurs équipées de capteurs de David Bowen. Il est impressionnant de les voir ployer quand il souffle fort à Minneapolis, et étonnant de les voir s’agiter tour à tour dans une chorégraphie tranquille sous une faible brise.

Également troublante , l’œuvre de Pascal Haudressy nous parle de renaissance : un impact de balle dans une vitrine, qui projette une forme florale dansante, comme une résilience défiant la violence du choc.

Dans un autre atelier, on suivra le road movie plein de suspens du parcours d’une goutte d’eau sur 11 752 mètres…

3- Pour attraper les « bonnes vibrations » numériques
Ici, au cœur d’une incroyable architecture lumineuse de Guillaume Martin, le spectateur se laisse porter par une boucle électro qui se densifie petit à petit, et avance dans un couloir troublant, enjambant les rais de 200 lumières qui jaillissent de toute part. Juste à côté, il ne lasse pas de contempler une mise en scène XXL d’arcs électriques du Québécois Martin Messier.


4-Pour des expériences numériques immersives
Avec « The Machine to Be Another : Body Swap », le visiteur est invité à voir « à travers les yeux d’un autre » le temps d’un échange de corps virtuel. L’expérience sera d’autant plus frappante que la différence physique sera marquée : difficile de trouver ses repères dans la peau d’un géant quand on mesure 1,5o m !

5- Pour le fun !
Petits et grands ne résistent pas au projecteur de barbe-à-papa : entre deux installations, difficile de ne pas céder à la tentation d’attraper à la volée les volutes blanches et sucrées ! A noter, Un parcours spécial a été pensé pour les enfants afin qu’ils profitent, eux aussi, de l’exposition ! Au travers un jeu d’enquête ils devront trouver des objets “perdus” appartenant à différents installations de l’exposition

Jusqu’au 4 mars , « Les Faits du hasard » Biennale internationale d’art numérique Nemo
Le CENTQUATRE-PARIS, Paris (19) – Métro : Riquet, Crimée ou Stalingrad • Ouvert de 14h à 19h (hors période scolaire : mercredi, jeudi, samedi, dimanche, en période de vacances scolaire du mardi au dimanche) • Tarifs : 9 €/6 €/4 € jusqu’au dimanche 7 janvier puis 6 €/6 €/4 € jusqu’au dimanche 4 mars
Nathalie Degardin

